ARCHIVES DE LA SOCIETE MAROCAINE DE BIOCHIMIE


Université Hassan Premier



Faculté des Sciences et Techniques de Settat

ATELIER "LES BIOTECHNOLOGIES AU MAROC. ETAT DES LIEUX ET DOMAINES PRIORITAIRES " 6 Mai 2005,
Faculté des Sciences et Techniques, Settat, Maroc
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LES BIOTECHNOLOGIES ET LES PAYS EN DEVELOPPEMENT
Dans les années 1980, les biotechnologies se sont implantées dans les pays en développement à des niveaux de complexité et avec des degrés de priorité divers, traduisant non seulement l'inégalité des conditions économiques et scientifiques régnant dans ces pays, mais aussi l'adaptabilité de ces procédés aux possibilités financières et techniques de chacun. Toutefois, l'on convient généralement que les pays en développement doivent mettre la barre plus haut et investir dans des biotechnologies plus sophistiquées et coûteuses. Les organismes nationaux les mieux dotés sont bien avancés sur cette voie, mais les plus modestes doivent envisager, eux aussi, de se moderniser.

Un pays qui tire de ses cultures son alimentation de base aurait tout intérêt à investir dans un laboratoire de culture cellulaire. Cela lui permettrait de produire des plantes indemnes de maladies ou virus, clonées à l'étranger dans des laboratoires spécialisés, et de les multiplier rapidement si elles s'acclimatent convenablement et sont bien accueillies par les producteurs et les consommateurs.
Le meilleur exemple de ce que peuvent représenter les biotechnologies pour les pays en développement, c'est en Asie qu'on le trouve. Au début des années 1990, ce continent abritait plus de la moitié de la population mondiale, et plus de 70% des paysans de la planète, pour 25% seulement de terres arables. A l'aube du 21e siècle, la superficie disponible par habitant n'excédera pas 0,1 ha en Chine, et 0,14 ha en Inde. Dans le même temps, le taux de croissance démographique atteindra en moyenne 1,86%. Pour nourrir leurs populations grandissantes, ces deux pays n'ont d'autre choix que d'améliorer sans cesse leurs rendements agricoles. C'est la raison pour laquelle la Chine s'est lancée dans l'exploitation à grande échelle de variétés hybrides de riz.
Depuis 1950, la superficie mondiale des terres a triplé, essentiellement dans les pays en développement. Les possibilit6s d'extension étant de plus en plus limitées, il devient urgent d'assurer une meilleure gestion es ressources en eau, ainsi que de renforcer la résistance génétique a la sécheresse des principales espèces cultivées.
Or une recherche de très haute qualité ne garantit pas, a elle seule, le succès commercial des biotechnologies. Celui-ci est tributaire de certains facteurs sociaux, comme l'existence de filières de diffusion des connaissances ou de capacit6s d'adaptation structurelle.
Dans les pays en développement, scientifiques et politiques se posent un certain nombre de questions sur les orientations générales de la recherche biotechnologique et de ses applications:
- La révolution biotechnologique permettra-t-elle aux paysans démunis d'accroître leur productivité ?
- La recherche de substituts a leurs productions nationales par la voie du génie génétique ne sera-t-elle pas préjudiciable à leur secteur agricole et à leurs exportations ? Ces craintes sont alimentées, entre autres, par la mise au point d'édulcorants de synthèse pour remplacer le sucre de canne ou de betterave, ainsi que de produits de substitution de la vanille, du beurre de cacao et de la diosgénine.
- Les produits du génie génétique sont-ils sans danger? Va-t-on se servir des pays en développement pour tester des organismes au génome modifié, pour se soustraire aux réglementations draconiennes des pays industrialisés ?
- L'extension des droits de propriété intellectuelle à des gènes et à des génotypes particuliers rendra-t-elle les cultures améliorées inaccessibles a leurs pays et aux petits agriculteurs démunis? Et ces droits récompenseront-ils les seules innovations formelles, à l'exclusion des proc6dés plus empiriques qui ont de tous temps contribué à l'identification et à la conservation des ressources végétales, animales et génétiques?
- Enfin, parviendra-t-on à concilier les impératifs commerciaux immédiats de la recherche biotechnologique avec le souci du bien être ?

Le Courrier de l'UNESCO, Juin 1994

BIOTECHNOLOGIES MARINES


Il y'a environ 20 ans qu'on s'est rendu compte des avantages des biotechnologies marines.
Des progrès spectaculaires ont été réalisés
dans ce domaine.

C'est le cas de l'aquaculture industrielle de poissons et de crustacés qui devrait représenter une grande part de la consommation mondiale des produits de la mer d'ici quelques années. Parmi les traits ciblés dans l'amélioration génétiques des espèces de poissons et de crustacés on peut citer la fertilité et la croissance dans des conditions de cultures variables. Aussi, les poissons et les crustacés se prêtent facilement aux transformations génétiques pour plusieurs raisons dont la production d'oeufs suffisamment gros. Un autre aspect des biotechnologies marines concerne l'aquaculture des algues où les pays de l'Extrême Orient, en particulier le Japon, en pratiquent depuis des sciecles pour l'utilisation à des fins alimentaires et médicales. A partir de la culture d'algues on peut tirer plusieurs produits comme des additifs alimentaires, des engrais, des dérivés de chitine intéressants, des acides gras réducteurs d'accidents cardiovasculaires, des substances anti-cancereuses,....

ETAT DU DEVELOPPEMENT DES CULTURES DES OGMs DANS LE MONDE


Plus de 20 pays en développement sont actuellement impliqués dans des recherches et des expérimentations au champs de cultures transgéniques. Les traits recherchés sont, en particulier, la résistance aux pathogènes, la qualité, la résistance aux pesticides et aux herbicides.

LE 'CASSE TETE' DES OGM ET LE FLUX DES GENES. OU EN EST L'AGENCE EUROPEENNE POUR L'ENVIRONNEMENT ??

En Europe, des efforts de l'Union européenne en matière d'organisation en vue d'élaboration de tests précoces d'identification des OGM (organismes génétiquement modifiés) et d'évaluation de leur impact ont été déployés (http://www.multimania.com/biotechnologia/biotechnewsletter.html#NL2). Devant les pressions exercées sur lUnion Européen (UE) par les agriculteurs et la société civile quant à l'éclaircissement de l'impact des OGM sur l'agriculture de demain en Europe, L'Agence Européenne pour l'environnement a publié un rapport résumant les résultats d'une étude (81 projets) réalisée par 400 laboratoires pour un coût de 70 millions d'Euros. L'étude a porté sur 7 plantes ou groupes de plantes (colza, maïs, blé, orge, betterave, pomme de terre, arbres fruitiers). Les conclusions sur le flux de gènes diffèrent selon le type de plantes:

Colza: déssimination du pollen ( à courte vie) à des distances allant jusqu'à 4 Km. La graine est plus stable et une distance de 100 m entre les champs permet d'atteindre une contamination inférieure à 0,5%. Le croisement avec des espèces sauvages apparentées reste possible. Ceci est en faveur de l'obtention d'hybrides résistants aux herbicides et dont il faut éliminer par arrachage ou par d'autres types d'herbicides.

Maïs: déssimination du pollen jusqu'à 0,8 Km. Une distance de 200 m permet de limiter la contamination à 0,1%. Croisement absent avec les espèces sauvages apparentées.

Blé, Orge : déssimination du pollen à une distance inférieure à 0,2 Km (autopollinisation). Croisement intervarietal inférieur à 2%.

Betterave: déssimination du pollen à 1 Km. Même si elle peut se croiser avec des espèces sauvages apparentées, sa récolte avant la floraison limite ce processus.

Pomme de terre: déssimination faible du pollen sans possibilité de croisement avec les espèces sauvages apparentées.

Arbres fruitiers: désséminent leur pollen à des distances relativement faibles avec des possibilités limitées de croisement avec des plantes homologues sauvages

Pour plus de détails visiter le site: http://reports.eca.eu.int/environmental-issue-report-2002-28/en.

Plusieurs recommandations ont été données pour arrêter le flux de gènes. On peut en citer: l'utilisation de techniques de reproduction comme l'apomixie, la cleistogamie, hybridation avec des espèces suffisament éloignées génétiquement pour inhiber la floraison, utilisation de gènes rendant la germination dépendante d'une substance exogène et transferer les transgènes dans les chloroplastes (gènes des chloroplastes peu transmis à la déscendance).

Y'AURA T-IL UNE STANDARDISATION DANS LES METHODES DE DETECTION DES OGM ???

Espérons le ! Ceci reste lié à la coopération des firmes productrices d'OGM qui déclareraient ou non la structure du transgène utilisé. Les tests peuvent reposer sur l'amplification de gènes par PCR. Ceci suppose la connaissance de quelques séquences des transgènes à amplifier. La plupart des transgènes présents dans les OGM sont bordés par le promoteur 35S du virus CaMV et le terminateur du gène Nos. Ce type de test n'est pas infaillible surtout lorsque les quantités recherchées sont très faibles. Des tests comparatifs visant l'identification d'éventuels OGM dans le Maïs importé par la Nouvelle-Zelande ont donné des résultats contradictoires!! (Nourrie, C. 2002. New Zeland GMO incident highlights lack of standardized tests. Nat.Biotechnol. 20, 861.)
Autre lien: SMBnewsletter1.html#OGMsdetection

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